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Dénoncer les VBG au Bénin : un acte de protection, de justice et de reconstruction

Sam 06 Dec 2025 : Campagne des 16 jours d’activisme

VBG numériques au Bénin - visuel principal

Au Bénin, les Violences Basées sur le Genre (VBG) touchent encore un nombre alarmant de femmes, de jeunes filles — et parfois même des hommes. Entre violences physiques, pression psychologique, harcèlement numérique ou exploitation, les victimes sont souvent confrontées à un même obstacle : comment dénoncer ce qui leur arrive ?

La peur du jugement, la honte, la pression familiale, ou encore le manque d’information empêchent de nombreuses victimes de demander de l’aide. Pourtant, le Bénin dispose aujourd’hui de mécanismes efficaces, gratuits et sécurisés pour signaler tout cas de violence.

Cet article explique étape par étape comment dénoncer une VBG, quels sont les recours disponibles, et pourquoi ce geste peut changer une vie.

1. Comprendre qu’une VBG peut être dénoncée à tout moment

Les VBG prennent plusieurs formes :

  • violences physiques et sexuelles ;
  • mariages forcés ;
  • chantage affectif ou économique ;
  • cyberharcèlement, diffusion non consentie d’images, menaces en ligne ;
  • discriminations fondées sur le genre ou la situation familiale ;
  • violences dans le couple ou au travail.

Aucun type de violence n’est “trop petit” pour être signalé. La loi béninoise protège toutes les victimes, même sans témoin, même sans blessure apparente, même si l’auteur est un proche.

2. Capturer les preuves : la première étape essentielle

Avant tout signalement, il est important de documenter la violence. Cela peut inclure :

  • captures d’écran de messages, photos, commentaires en ligne ;
  • enregistrements audios ou vidéos ;
  • certificats médicaux ;
  • témoignages de voisins, amis, collègues ;
  • éléments datés (heure, lieu, plateforme numérique, etc.).

📌 Sans preuve, le dossier n’est pas perdu, mais les preuves facilitent considérablement la procédure et la protection.

Signaler et dénoncer les violences basées sur le genre

3. Signaler immédiatement l’agresseur

Sur les réseaux sociaux, les plateformes disposent de mécanismes internes de sécurité :

  • Signalement Facebook / Instagram
  • Blocage sur WhatsApp
  • Signalement TikTok
  • Suppression de contenu injurieux
  • Alertes de harcèlement ou comptes frauduleux

Ce geste ne remplace pas une procédure officielle, mais il limite les risques de récidive et protège la victime.

4. Appeler le 114 : ligne nationale gratuite de prise en charge des VBG

Le 114 est un numéro d’urgence, gratuit et accessible partout au Bénin. Il permet :

  • d’expliquer la situation à un·e professionnel·le formé·e ;
  • d’être orienté vers les services de santé, de protection sociale ou de justice ;
  • de recevoir une assistance immédiate en cas de danger ;
  • d’obtenir un accompagnement psychologique et juridique.

Une version WhatsApp existe également : 0151078888.

📌 Les échanges sont confidentiels, sécurisés et traités sans jugement.

5. Se rendre dans un Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS)

Les GUPS, présents dans chaque département, offrent :

  • assistance sociale ;
  • accompagnement psychologique ;
  • orientation judiciaire ;
  • protection pour mineures et adultes ;
  • suivi des cas de violences répétées.

Les femmes et jeunes filles y trouvent un espace d’écoute, d’analyse et de mise en sécurité.

6. Déposer plainte : un droit, jamais un risque

Au Bénin, la loi protège désormais les victimes de représailles, même si l’agresseur est :

  • un conjoint,
  • un parent,
  • un employeur,
  • un collègue,
  • ou un inconnu en ligne.

La plainte peut être déposée :

  • au commissariat,
  • au tribunal de première instance,
  • auprès d’un procureur.

Les structures partenaires telles que AMP BENIN, les centres sociaux, ou certaines ONG accompagnent gratuitement les victimes dans cette démarche.

7. Pourquoi dénoncer ?

Dénoncer une VBG, ce n’est pas détruire une famille ou “exagérer” une situation. C’est :

  • ✔ se protéger soi-même
  • ✔ empêcher l’agresseur de nuire à une autre personne
  • ✔ accéder à des droits essentiels (soins, justice, soutien psychologique)
  • ✔ sortir du silence et de l’isolement
  • ✔ sauver une vie — parfois la sienne

Chaque signalement brise un cycle de violence.

Conclusion

Les Violences Basées sur le Genre ne sont pas une fatalité. Grâce aux dispositifs disponibles au Bénin — le numéro 114, les GUPS, les ONG spécialisées, les plateformes numériques, la police et la justice — il est aujourd’hui possible de dénoncer, d’être accompagné et d’obtenir justice.

📌 La violence n’est jamais la faute de la victime.
📌 Le silence protège l’agresseur.
📌 La parole sauve.