Lutter contre les violences en ligne : derrière chaque écran, une vie à protéger
Jeu 27 Nov 2025 : Jour 3 – Campagne des 16 jours d’activisme
À l’ère du numérique, une partie de nos relations, de nos échanges et même de nos identités se vit en ligne. Mais cet espace, censé offrir liberté et expression, devient de plus en plus un terrain d’agressions silencieuses. Cyberharcèlement, menaces, humiliation publique, diffusion non consentie d’intimité… les violences basées sur le genre (VBG) s’étendent désormais bien au-delà du monde physique.
1. Derrière chaque écran, une vie qui peut être détruite
Le cyberharcèlement est aujourd’hui l’une des violences les plus répandues dans les milieux scolaires, professionnels et communautaires. Selon des enquêtes internationales :
- 1 jeune fille sur 3 déclare avoir déjà subi une forme de violence en ligne.
- Plus de la moitié affirment que ces attaques surviennent sur Facebook, WhatsApp ou Instagram.
- Les violences numériques augmentent fortement lors des périodes de forte activité digitale, notamment chez les adolescents.
Ces agressions, souvent minimisées, ont des conséquences profondes : anxiété, isolement, perte de confiance, décrochage scolaire, idées suicidaires. Ce n’est jamais “virtuel”. C’est réel.
2. Les réseaux sociaux doivent libérer, pas opprimer
Les plateformes numériques sont devenues des espaces où chacun peut s’exprimer, apprendre, créer et s’engager. Pourtant, elles se transforment trop souvent en zones d’oppression où insultes, pressions émotionnelles et chantages affectifs sont banalisés.
Pourtant, ces violences sont punies par la loi. Dans plusieurs pays africains — y compris le Bénin — la diffusion d’images dégradantes, l’intimidation en ligne et le harcèlement numérique sont des infractions reconnues, poursuivies et sanctionnées.
Créer un espace numérique plus humain, c’est :
- responsabiliser les utilisateurs,
- encourager le signalement,
- protéger les victimes,
- sanctionner les auteurs,
- promouvoir une culture de respect en ligne.
3. La diffusion non consentie d’intimité : une violence grave et trop fréquente
La diffusion non consentie de photos intimes, parfois appelée revenge porn, cause des ravages psychologiques considérables.
- plus de 80 % des victimes sont des femmes et des adolescentes ;
- près de 60 % subissent ensuite du cyberharcèlement à répétition ;
- beaucoup développent des symptômes de stress post-traumatique.
Cette violence détruit des liens familiaux, brise l’avenir scolaire ou professionnel et pousse certaines victimes à l’isolement total. La loi est formelle : la diffusion non consentie d’intimité est une infraction punie.
4. Briser le silence : un acte de courage, pas de faiblesse
Devant ces violences numériques, la meilleure arme reste la parole.
Être victime n’est pas une honte.
Être témoin et se taire, oui.
Il existe des mécanismes sécurisés de signalement, des structures comme les GUPS et l’Institut National de la Femme (INF) pour accompagner les victimes, et des associations comme AMP Bénin et BougeLabs qui travaillent chaque jour pour prévenir, sensibiliser et protéger.
Conclusion : bâtir ensemble un numérique plus humain
Les violences numériques ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’un climat de silence, d’impunité et de banalisation. Chacun de nous peut agir :
- un message de soutien,
- un signalement,
- un rappel de la loi,
- un partage de bonnes pratiques,
- une écoute bienveillante.
Construire un Internet sûr, libre et respectueux est une responsabilité collective. Et c’est maintenant que cela commence.