Internet & VBG au Bénin : consentement, parole et respect en ligne
Ven 28 Nov 2025 : Jour 4 – Campagne des 16 jours d’activisme
À l’ère du numérique, Internet est devenu un espace vital d’échanges, de socialisation et d’expression. Mais pour beaucoup, il est aussi un terrain de violences invisibles — cyberharcèlement, insultes, chantage, diffusion non consentie d’images… Ces violences basées sur le genre (VBG) en ligne aggravent une réalité déjà forte dans la société béninoise. Il est urgent de les dénoncer, de sensibiliser et de protéger les victimes.
1. Contexte général des VBG au Bénin
- Entre février 2019 et février 2022 : 49 907 cas de VBG enregistrés.
- De 2022 à octobre 2024 : 55 982 cas supplémentaires.
- La majorité des cas sont des violences psychologiques : insultes, menaces, harcèlement.
- Les femmes et les filles représentent la grande majorité des victimes.
Ces chiffres prouvent que les VBG ne sont pas seulement physiques : elles s’étendent aussi dans les sphères psychologiques, verbales et numériques.
2. Le consentement en ligne — un droit fondamental
Partager une image, une vidéo ou des données personnelles demande un consentement libre, éclairé et explicite.
En ligne, un contenu peut être copié, enregistré et diffusé à l’infini. Lorsqu’il s’agit d’un contenu intime, les conséquences pour la victime sont démultipliées. L’absence de consentement transforme l’acte en violence numérique.
👉 À chaque partage, demandons l’accord.
👉 À chaque « non », respectons la décision.
3. Chantage, silence et peur — les armes de la violence numérique
Beaucoup de violences numériques commencent par des insultes ou humiliations, puis évoluent vers le chantage : menaces de divulguer des images privées, informations personnelles, conversations, etc.
Le silence ne protège pas. Il renforce l’emprise de l’agresseur et expose la victime à de nouvelles violences.
Parler, dénoncer, se faire accompagner — ce sont des actes de survie et de protection.
4. Violences verbales en ligne — insultes, harcèlement et cyberhaine
Insultes, dévalorisation, menaces, pression psychologique… Les violences verbales en ligne laissent des traces invisibles : traumatisme, isolement, perte d’estime de soi, anxiété.
Le cyberharcèlement n’a pas de frontières : il poursuit la victime chez elle, à toute heure.
👉 Le respect en ligne est un droit. Le harcèlement n’est pas une opinion.
5. Structures de soutien et signalement au Bénin
- Institut National de la Femme (INF) : Numéro vert 114 | WhatsApp : 0151078888
- GUPS : accompagnement et suivi dans toutes les communes
- AMP BENIN – Section Promotion de la Femme : WhatsApp 0147471465 | Email : ampbenin.contact@gmail.com
- Police Républicaine : protection légale
- Associations & collectifs jeunesse : soutien, écoute et orientation
⚠ Parler rapidement est essentiel. Aucune victime ne doit rester isolée.
6. Agir ensemble pour un numérique plus sûr
Pour les victimes :
- parler, dénoncer, signaler,
- chercher accompagnement psychologique et juridique.
Pour la communauté :
- sensibiliser au consentement et au respect en ligne,
- créer des espaces sûrs et modérés.
Pour les plateformes :
- améliorer la modération,
- faciliter le signalement,
- protéger les données privées.
Pour les acteurs de la société civile :
- sensibiliser à la citoyenneté numérique,
- mobiliser les jeunes et influenceurs,
- offrir des espaces de soutien et d’écoute.
Conclusion
Les violences numériques ne sont pas une fatalité. Chacun peut agir : soutenir, signaler, éduquer, protéger.
Derrière chaque écran, il y a une vie. Protégeons-la.
📢 En savoir plus : ampbenin.netlify.app/16jours