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VBG numériques au Bénin : harcèlement, intrusion et discrimination au travail

Mar 02 Dec 2025 : Campagne des 16 jours d’activisme

VBG numériques au Bénin - visuel principal

Au Bénin, les violences basées sur le genre (VBG) restent un fléau profond — et le numérique en est désormais un espace de reproduction et de renforcement. Entre 2020 et 2023, plus de 94 001 cas de VBG ont été officiellement pris en charge. Parmi ces cas, 86,17 % des victimes sont des femmes et des filles.

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Les violences psychologiques — insultes, menaces, harcèlement — représentent la forme la plus fréquente.

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Cette réalité montre que les VBG ne se limitent plus aux violences physiques ou domestiques : elles s’infiltrent dans le numérique, les espaces de travail, les interactions en ligne, menaçant l’intimité, la dignité et la liberté des femmes.

2. Thématique 1 — Surveillance abusive des femmes au travail

Visuel — Surveillance abusive au travail

🔎 Qu’est-ce que la surveillance abusive ?

La surveillance abusive dans un cadre professionnel consiste à imposer à une employée un suivi de sa vie privée, de ses communications numériques, de son téléphone, de ses messages — sous prétexte de « sécurité », « confiance » ou « contrôle ».

⚠ Pourquoi c’est dangereux ?

L’employée peut être réduite à une « ombre » à suivre, perdant sa liberté personnelle.

Cela crée un climat de peur, de méfiance, d’aliénation, et compromet la santé mentale.

C’est une forme de harcèlement psychologique qui peut conduire à un isolement, une baisse de productivité, ou à l’abandon de l’emploi.

✅ Ce que disent les chiffres au Bénin

Les violences psychologiques — y compris celles basées sur le genre — constituent près de 47 % des cas de VBG pris en charge entre 2020 et 2023.

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Même si ces statistiques ne distinguent pas toujours le milieu (domicile, travail, numérique), elles révèlent l’ampleur des violences non physiques, dans tous les contextes.

💬 Message clé

« Une employée n’est pas une ombre à suivre, mais une professionnelle à respecter. » Le respect de la vie privée, même au travail, est un droit fondamental.

3. Thématique 2 — Intrusion dans les outils numériques de travail

Visuel — Intrusion dans les outils numériques de travail

🔎 Définition

Il s’agit de l’accès injustifié aux dispositifs numériques d’une personne : ordinateur, téléphone, messagerie professionnelle, contenus, fichiers, mails privés — sans son accord.

⚠ Pourquoi c’est une violence numérique ?

L’ordinateur ou le téléphone de travail ne doivent pas être un lieu de fouille : c’est un espace de confiance et de productivité.

L’intrusion viole l’intimité, peut compromettre des informations privées, des documents personnels, et crée un climat d’insécurité.

Elle affaiblit la dignité de la personne, installe la peur, la méfiance, et peut dissuader les femmes d’investir dans le numérique.

📊 Données pertinentes

Selon une enquête nationale de 2022, la prévalence des violences en ligne — incluant menaces, discriminations, harcèlement — atteint des pourcentages non négligeables : menaces ~ 7,7%, discriminations ~ 7,0%, harcèlement ~ 5,3% dans la population de 15 ans et plus.

Ministère des Affaires Sociales +1

Ces chiffres illustrent l’existence réelle et préoccupante de violences numériques — qui peuvent aussi concerner le contexte professionnel.

💬 Message clé

« Son ordinateur n’est pas un endroit où l’on fouille. » Le respect de l’espace numérique de travail est essentiel : rien ne justifie l’intrusion.

4. Thématique 3 — Discrimination digitale au travail

Visuel — Discrimination digitale au travail

🔎 Contexte

Dans certains milieux professionnels, les femmes sont exclues ou désavantagées parce qu’on considère qu’elles sont plus « vulnérables » aux risques numériques, ou parce qu’on craint qu’elles « compromettent » l’image de l’entreprise. Cela se traduit par : exclusion des outils numériques, interdiction d’utiliser un téléphone, refus de leur donner des tâches liées au digital, harcèlement moral ou insinuations sexistes.

⚠ Conséquences

  • Perte d’opportunités professionnelles, manque d’accès à la formation digitale.
  • Renforcement des inégalités de genre dans l’emploi et le numérique.
  • Sentiment de marginalisation, d’injustice, frustration, perte de confiance.

💬 Message clé

« On ne construit pas une équipe en excluant les femmes des espaces numériques. » L’égalité professionnelle inclut l’égalité d’accès aux outils numériques.

📌 Illustration concrète

Dans le contexte béninois notamment, l’exclusion d’une femme d’un projet numérique, d’une publication en ligne, d’un contact professionnel, sous prétexte de “protection”, est malheureusement fréquente. Ces pratiques renforcent les stéréotypes et privent les femmes de leur droit à l’émancipation.

5. Recommandations et solutions concrètes

Pour les employeurs :

  • Mettre en place des politiques internes de respect de la vie privée et des outils numériques professionnels.
  • Sensibiliser les responsables et managers aux droits de l’employée, à l’égalité de genre, au consentement numérique.
  • Garantir la confidentialité des communications de travail, interdire les fouilles non autorisées.

Pour les femmes / employées :

  • Connaître vos droits : vie privée, intimité, respect.
  • Documenter (messages, dates, captures d’écran) toute forme d’intrusion ou de harcèlement.
  • Chercher soutien auprès d’associations, syndicats, ONG, comme l’Institut National de la Femme (INF), les services de protection sociale, ou la section concernée de AMP BENIN.

Pour les institutions / législateurs :

  • Mettre à jour le cadre législatif pour mieux intégrer la notion de VBG numérique, d’intrusion digitale, de cyberharcèlement au travail.
  • Encourager des campagnes de sensibilisation sur le respect numérique, l’égalité de genre et le consentement, dans les entreprises et les administrations.

6. Conclusion

Les violences basées sur le genre au Bénin ne se limitent plus aux foyers ou aux espaces publics : elles pénètrent les milieux de travail, les outils numériques, les communications professionnelles. Surveillance abusive, intrusion dans les outils numériques, discrimination digitale — ces réalités menacent l’égalité, la dignité et la liberté des femmes.

Il est temps de dire NON — de protéger les droits des femmes, de promouvoir le respect numérique et l’égalité professionnelle. Parce qu’un ordinateur, un téléphone, un espace de travail ne devraient jamais devenir des armes d’oppression.

Ensemble, transformons le numérique en espace de dignité, d’équité et de respect.